On y est arrivé. Finalement.
On l’a eu c’te 30 ans. Ça n’a pas fait trop mal, peut-être juste un peu à l’égo, mais sinon, y’a pas trop de dommages. Pas encore.
On m’a toujours donné à peu près 5 ans de moins que mon âge. Je me dis alors que c’est juste dans 5 ans que j’aurai l’air de 30. C’est comme s’il me reste encore un sursis.
Je sais que ça fait cliché, mais sérieusement, j’ai comme l’impression qu’un déclic s’est fait à l’aube de mes trente ans. Une switch s’est mise à off (ou à on, c’est selon) et tous ces questionnements et remise en question de la dernière année était nécessaire pour que j’en arrive là.
À trente ans, je prends ça cool. J’ai eu assez de ma vingtaine pour stresser pour tout, là, je suis en break.
J’ai pas encore fini l’école, j’ai jamais voyagé, j’ai pas d’enfants, je suis pas fiancée….ouain pis??
Attention pire phrase clichée ever à venir: J’ai la santé pis l’amour…faqu-eeeeeee.
Le meilleur reste à venir et je le crois fermement que c’est dans la trentaine que la femme commence à bien vivre. Out les questionnements débiles de fille sans estime d’elle-même qui se remet constamment en question. À trente ans, j’ai décidé d’assumer celle que je suis. Je juge moins. Moi-même et les autres. J’ai un craving d’authenticité, je ne veux plus de bullshiteux dans ma vie. Tu peux pas venir souper avec moi parce que tu as un imprévu de dernière minute? Fais juste me dire que ça ne tente plus…je t’en voudrai même pas. Même, je vais te respecter encore plus d’avoir été vraie.
L’amitié et l’amour est en train de prendre une place tout autre dans ma vie. Je veux des amitiés solides. Dernièrement, j’ai réalisé que mes amis, je les connais pas. On rit, on jase, on déconne dans les partys, mais qui ils sont au juste? C’est quoi leurs rêves, leurs désirs, leurs peurs?? Ces gens extraordinaires qui partagent ma vie et que je connais pas, je veux prendre rendez-vous enfin avec leur nature profonde.
Mon chum, le gars à qui j’ai cherché trop souvent des bébittes. Le gars qui me donne la vie rêvée; ordinaire, mais rêvée parce que oui la trentaine fait en sorte aussi que j’ai appris que je n’ai pas besoin d’extravagance dans ma vie pour être bien. Si je faisais une liste du gars idéal et de ce qu’il ferait pour moi, j’arriverai même pas à écrire autant de qualité que mon chum en a. Ça, ça a été long, mais je l’ai compris. Parce qu’à trente ans, tu ne crois plus aux contes de fées et tu sais que The Notebook, bin c’est juste un film. Avant que je comprenne ça, la liste aurait été bin plus longue et le gars qu’elle aurait décrit n’existerait même pas de toute façon. Je rentre le soir à la maison et j’ai mon homme qui m’attend, qui m’aime. On a plus les papillons, ni les soupirs d’extase, mais c’qu’on a, c’est des gros bas de laine avec notre plat de pop corn devant un film un samedi de pluie. On a nos regards entre deux scènes qui nous font sourire et se blottir l’un contre l’autre. Moi, c’est ça ma définition du bonheur en couple.
Finalement, c’est pas si pire 30 ans…c’est le chemin pour s’y rendre qui est le plus ardu.