J’ai fini par revenir sur Facebook…pas le choix, en 2011 c’est par là que passe la vie sociale.
Un souper est prévu? C’est écrit là. On fête quelqu’un dans un bar? C’est écrit là. Tu veux te tenir au courant des derniers développement amoureux de tes amis ou de leurs activités? C’est écrit là. On pourrait faire tout ça par téléphone, mais plus personne ne parle au téléphone. On prend des contrats avec minutes d’appels limités, mais avec le package deal de textos infinis.
Au moins, j’ai perdu le 1/3 du poids que je veux perdre…mais là, je suis en rechute. Fuck les salades, je suis maussade, j’veux de la pouts.
Je suis profondément découragée par l’humain ces temps ci. Vraiment.
Je lis des commentaires sur des blogues d’actualités et ça fait franchement peur de constater la pauvreté intellectuelle, le manque de vision et d’ouverture des gens et surtout, le “je m’en foutisme” généralisé.
Ça me confronte à mes propres bibites: Mes frustrations constantes, mon intolérance grandissante envers les gens, envers moi même.
Hier, je tentais de lire dans le bus, une gang d’ado gueulait à s’en déchirer les cordes vocales pour se parler. Est-ce que j’étais vraiment l’une de ces ados éxécrables dans ma jeunesse? Me semble que non…J’essaie très fort d’être objective, mais me semble bien que ma génération avait plus de savoir vivre. Ça voyez vous, c’est mes frustrations.
Mardi, j’étais installée devant la grande bibliothèque et un employé du quartier des spectacles oeuvrant pour l’anniversaire de Montréal s’était installé pour lire un poème sur la place publique. Perso, j’en ai rien à foutre des poèmes, mais tout de même, je trouvais belle l’initiative. Tranquilement, des gens se sont approchés; des jeunes, des vieux, des granols, des hommes d’affaires et tous affichaient un sourire en écoutant. J’ai trouvé ça beau. Je me suis dis: “Après tout, il manque peut-être juste ça à la société…”, Un peu comme le groupe dans le métro de NY dont le vidéo a circulé abondamment durant les dernières semaines.
Tout à coup, un agent de sécurité sort de la BANQ et lui demande de circuler. QUOI???? Nous ne sommes pas sur le terrain d’un lieu de culture et de savoir ici? Le gars lit un poème, la moitié des gens l’ignorent et s’en foutent, l’autre moitié l’écoute contente de faire partie d’un instant de rapprochement social. Et on brise ça.
Je vois des gens faire des jokes sur ce qui se passe en Montérégie, j’ai même lu des commentaires de Québecois disant: Moi j’aide Haiti et le Japon, mais fuck St-Jean…y’a pas de morts pis y peuvent s’arranger.
Ok, loin de moi l’idée de vouloir partir un débat sur l’ampleur de la catastrophe et la justification de l’aide, mais cibole, y’as tu juste un peu moyen d’être un minimum solidaire?!? Je te dis pas de les aider, je te dis juste de pas diminuer leur épreuve juste “parce qu’elle est moins pire que celle d’Haiti et du Japon”. Les gens n’ont pas idée de l’impact financier, moral, affectif et social de tout ça. Pourquoi rire de ça et diminuer l’ampleur de la chose quand t’as les pieds au sec chez vous?? Sais-tu à quel point t’as pas le goût d’être dans leurs bottes de pluie en ce moment??
Si je dois vivre entourée de millions de personnes pour qui la devise est chacun pour soi, pourquoi vivrais-je entourée?? C’est tout de même ironique: je deviens intolérante des intolérants…Je suis au fond la plus pathétique de tous.
Je suis preneure si quelqu’un vend sa cabane en bois rond dans un bois isolé de la société.