En fin de semaine, j’ai dû aller chercher le reste de mes effets personnels que j’avais laissé chez mes parents, faute d’espace. Ils déménagent prochainement et manque d’espace un peu eux-mêmes. J’ai donc récupéré deux grosses boîtes qui n’ont probablement pas été ouvertes depuis mon secondaire.
Hier soir, avec Tout le monde en parle en bruit de fond, j’ai décidé de trier ce qui se trouvait dans ces boîtes.
En quelques minutes, j’ai été submergée par la nostalgie que ces objets invoquaient. De vieilles poupées de mon enfance, ma vieille mite de baseball, des photos de moi à 5-10-15 ans et de mes amis, ma famille, mes animaux, des lettres d’amis, des cartes de souhaits, de vieilles lettres et notes d’amour de mes premiers chums, des souvenirs de voyages, des agendas d’école avec des poèmes et des « I love Simon », « I love Simon I love Julien », « Me and Marjolaine = Best friends forever », « I love Brian forever» (Backstreet boys), etc.
Je me suis replongé dans ce vieil univers de bons souvenirs comme de moins bons. Je me suis assise par terre dans ce bordel à lire de vielles lettres et de vieux poèmes. Je me suis étonnée du talent que je pouvais avoir à cette époque. Je m’aperçois que mon besoin et mon désir d’écrire ne date pas d’hier. J’ai observé mes vieilles photos de moi à l’adolescence alors que je me trouvais moche et je me trouvais belle. Je me suis donc dis que j’allais probablement me trouver jolie sur mes photos d’aujourd’hui dans 10-15 ans.
J’ai relu de vieilles cartes de fêtes, celles de mes 15 ans, 18, 20 ans. Les beaux mots qu’on pouvait y trouver.
Je n’ai pas vu la soirée passer. Il était minuit lorsque je relevé la tête pour voir l’heure. Je triais mes choses et je relisais une dernière fois les trucs que je ne pouvais pas garder. C’est métaphorique, mais c’était thérapeutique; c’est comme si je « nettoyais » mon passé. Je me remettais dans l’émotion de la lettre, de l’objet ou de la carte une dernière fois avant de le jeter, recycler ou serrer dans un sac pour donner.
J’ai ris…et pleuré aussi. Le tout m’a ouvert les yeux sur ce que j’ai été, voulu devenir et devenue… Un peu comme un bilan de vie de fin vingtaine. Suis-je celle que je souhaitais devenir au moment où j’écrivais ces lettres où je me servais de ces choses? Si non, pourquoi? Et comment faire pour devenir cette personne que je veux toujours devenir aujourd’hui?
Aujourd’hui, je feel un peu tout croche à cause de tout ça. Je me rends compte que le temps a passé si vite depuis mon adolescence. Il me semble que j’ai si peu accompli depuis en terme de projets et de réalisations. Je me rends compte que je me suis un peu perdue en cours de route, que je me suis légèrement écarté de la rail. Me replonger dans mon passé, ça me trouble et m’émeut mais ça me permet de retrouver celle que je suis et ce que je veux.
Tous les prix méritent d’être payés pour ça.