Je viens probablement de vivre la plus grosse fin de semaine de débauche de ma vie et ce, à 26 ans (j’ai presque honte de l’avouer!).
Il y a toujours quelque chose de mal vu ou comme un genre de loi non-écrite interdisant le droit de se pacter la fraise et de faire le gros party pas propre entre amis, tout un week end (1) quand tu es une fille (2), casée (3) et plus âgée que 20 ans (4).
Est-ce que je deviens paranoïaque ou il y a du vrai dans ce que je dis?
Ok. Selon ma mère, j’ai l’âge d’être mariée et mère de famille (donc, une madame sérieuse) . J’ai rien contre ceux qui le sont et qui sont heureuses dans ce rôle, mais ce n’est pas moi, pas maintenant. Il y a comme un conflit social avec les gens qui “vivent leur jeunesse” sur le tard, comme moi. C’est quand même pas de ma faute si j’étais trop pognée et trop préoccupée à vouloir devenir une femme de carrière, une épouse et une mère à 18 ans alors que je n’avais même pas de chum!
Sérieusement, je fais partie de celles qui sentent la trentaine approcher et qui veulent en profiter au max pendant qu’elles vivent encore leurs belles années de jeunesse avant de vivre la grande réalité.
Mais quelle réalité au fond? La réalité qu’il faut absolument entrer dans le moule du “On achète une maison, on se prend des REER, on planifie un mariage avec le peu qui nous reste et ensuite, on fait des kids.”? Mon but ici n’est pas de partir un débat; je respecte les gens pour qui cela est “l’évolution normale des choses”. Je ne dis pas le contraire, mais je me questionne à savoir pourquoi ceci est la vie normale et acceptée socialement d’une fille qui approche la trentaine et pas autre chose?
Pourquoi je me fais demander sans arrêt si j’ai des enfants? Parce que ça serait supposé? Normal? Obligatoire? Je ne demande pas systématiquement aux gens s’ils ont des voitures… Et pourtant, ça serait aussi justifiable.
Je parle comme une fille qui veut rien de tout ça, c’est faux. C’est juste que je suis jeune, je considère que j’ai le temps et je veux surtout le prendre pour être certaine de bien faire les choses. Pourquoi courir et tout vouloir tout de suite si c’est pour se réveiller à 35 ans et se rendre compte qu’on n’a pas vécu et qu’à force de vouloir toujours courir, on n’a même pas profité des années qui sont passée? Encore là, je le répète: je ne juge pas personne. Chaque personne est responsable et libre de faire ce qu’elle veut de sa vie.
Oui, le week end dernier en a été un de débauche. J’ai bu comme un trou, j’ai pas eu la moindre classe (mais chez moi, dans mon salon avec des amis), j’ai gaspillé plus d’argent que prévu. Pis? Ça fait quoi? Est-ce que je fais ça tous les week ends? Non! Loin de là. À qui ça fait mal une fois de temps en temps? Personne, je dirais même que ça fait du bien. Il n’y a pas d’autres êtres humains qui dépendent de moi pour vivre et manger en ce moment.
Un jour, je les aurai mes enfants. J’aurai 32, 35 ou même 38 ans…je m’en tape un peu. L’important, c’est que je serai prête. Si j’arrive jamais à l’être et que je crois être vouée à être une piètre mère bien, je n’en aurai pas d’enfant, la vie en aura décidé ainsi et ce sera mieux comme ça. Si j’ai à me marier, je le ferai; pas parce que ce sera obligé ou bien vu, parce que j’en aurai envie et que mon budget me le permettra. Non, je n’aurai pas de bungalow de banlieue dans un quartier de maisons cordées toutes pareilles…non, ce n’est pas moi. Même si les lois non-écrites disent que c’est la normale des choses et que nos destins passent tous par des domaines domicilaires drabes et sans intérêts, j’aime mieux vivre en ville et passer pour une mère ingrate qui imposera les gangs de rues à ses enfants…
Tout sera à mon goût, parce que ce sera en fonction de mes désirs et non des standards sociaux…
Tout sera à mon goût parce que je serai prête, j’aurai pris mon temps et parce que j’aurai d’abord vécu, sans m’essoufler ni courir…Vécu, parce que j’aurai d’abord fait ce qu’il m’aura plu.